Cigarette électronique : future interdiction ?

Cette information, qui fuse dans les médias et surtout sur internet depuis le 28 mai 2013, fait suite au rapport de l’e-cigarette réalisé en mai 2013. L’interdiction dans les lieux publics est mise en avant, ce n’est pourtant qu’une minuscule partie de ce rapport. De quoi parle ce document et quelles en sont les véritables conclusions ?

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Le rapport de l’e-cigarette

Les auteurs de ce rapport sont au nombre de 13. 4 personnes sont de l’Office Français de prévention du Tabagisme (OFT) et sont accompagnées de 9 experts médecins, pneumologues, tabacologues et/ou consultants. Ces personnes, majoritairement, possèdent des liens avec l’industrie pharmaceutique concernée par l’arrêt du tabac et la réduction du tabagisme, mais aucune n’a de lien avec l’industrie du tabac ou de l’e-cigarette, ce qui sera intéressant pour la conclusion.

D’une longueur de 200 pages, il traite de divers problèmes ou avantages liés à la cigarette électronique.

On retrouve ainsi plusieurs sujets comme :

  • le fonctionnement de l’e-cigarette,
  • la dangerosité (nb : ou pas) des e-liquides,
  • les effets sur la santé,
  • la place et l’avenir de l’e-cig dans la société.

Cette analyse, assez complète, permet de se faire une bonne idée de la cigarette électronique et des implications de son utilisation. Elle  les amène à quelques préconisations.

Les recommandations des experts et de l’OFT

Sans reprendre l’intégralité des préconisations, on relève plusieurs éléments.

L’e-cigarette est une cigarette « propre »

Malgré quelques points d’incertitudes, la cigarette électronique est clairement moins dangereuse que sa version papier.

  • Les e-liquides contiennent et libèrent des produits irritants et/ou classés comme toxiques en quantité bien moindre que la fumée de tabac.
  • Les e-liquides peuvent ou non contenir de la nicotine.
  • L’e-cigarette ne libère ni monoxyde de carbone (CO), ni particules solides, ni quantité significative de cancérogènes, contrairement aux 4000 produits de la combustion de la vraie clope.

Un bon substitut

  • Le remplacement du tabac par l’e-cig devrait en théorie contribuer à une réduction des risques et des dommages.
  • La vitesse d’apparition de la nicotine dans le sang obtenue avec l’e-cig est intermédiaire entre les cigarettes du tabac et les substituts nicotiniques actuellement disponibles.
  • La taux plasmatique de nicotine (nb : dose de nicotine dans le sang) est susceptible d’apporter au fumeur dépendant la nicotine qui lui est nécessaire.

Ce qui est demandé par les experts et l’OFT

  • Il ne faut pas interdire l’utilisation de l’e-cigarette, avec ou sans nicotine, et son accès ne doit pas être freiné.
  • Il faut éviter la promotion et l’accès à l’e-cig aux mineurs et aux personnes n’ayant jamais fumé.
  • Il faut réglementer l’e-cigarette, sa distribution et son utilisation.
  • Abrogation de l’article 18 du projet de directive européenne sur les produits du tabac qui limite la nicotine à 4mg/l, ce qui ne correspond pas au marché et aux besoins. La limitation préconisée est de 18 mg/ml.
  • Meilleur contrôle de la publicité, supprimer les fausses phrases du genre « Fumer là où c’est interdit » (nb:surtout que ce n’est pas de la fumée…) et interdire sa promotion dans les lieux non-fumeurs.
  • Composition des e-liquides clairement indiquée sur tous les emballages (liste et conformité).

A propos de l’interdiction dans les lieux publics

La commission suggère la création d’une catégorie de « produits évoquant le tabagisme » (PET). Petite précision sur ce qu’ils devraient être :

  • produits contenant de la nicotine qui ne sont ni classés comme produits du tabac, ni comme médicament,
  • produits ressemblant à des produits du tabac, même s’ils ne contiennent pas de nicotine,
  • produits dont l’usage ressemble à celui du tabac.

L’utilisation de ces PET (nb : bizarre comme acronyme quand on y pense…) devrait être interdite dans les lieux affectés à un usage collectif, en modifiant l’article R3511-1 du Code de la santé publique.

Que penser de tout ça ?

Même si des pétitions existent déjà sur la toile comme ici, il faut bien comprendre que ce document n’est là que pour émettre des recommandations. Les « PET » n’existent pas encore, et il existe des contradictions dans la description qui n’échapperont sans doute pas à la Ministre de la santé (nb : si la e-cig devient un médicament, comme une de leurs propositions, alors il n’est plus considéré comme « PET » ? Une e-cig comme le eVic ne ressemble pas à un produit du tabac, on peut ne pas mettre de nicotine -> quelle catégorie ? Usage ressemblant ? Un stylo dans la bouche évoque le tabagisme ? Ma voiture fume plus le matin que le soir, c’est un PET ? Arrêtons un instant…).

Ce qui est important finalement, c’est que ce rapport met en avant la cigarette électronique et les conclusions sont très claires : C’est un excellent moyen de substitution qu’il faut mettre à disposition des fumeurs.

Rappelons que le cœur du problème doit rester la lutte contre le tabac et non le fumeur. Les non-fumeurs devraient réagir positivement à tout ça en encourageant les fumeurs dans leurs démarches. Les lectures des différents commentaires dans les articles font un peu peur. L’e-cigarette est une solution pour arrêter qui a le mérite de fonctionner pour beaucoup, sans gêne pour son voisin.

Espérons que vapeurs et anti-clopeurs puissent se retrouver avant qu’on les marginalise. Ils font un efforts dans le bon sens. Il serait dommage que le gouvernement actuel continue à nous séparer alors que ce rapport montre clairement la non-dangerosité de la cigarette électronique.

Affaire à suivre avec Madame la Ministre.

(sources : Rapport sur l’e-cigarette de mai 2013)

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2 réponses pour “Cigarette électronique : future interdiction ?”

  • Audrey:

    Quoi de surprenant ? Il a été si dur de supprimer l’utilisation des vraies cigarettes de l’intérieur des lieux publics qu’il est normal que la ministre de la santé ne veuille pas permettre la e-cigarette là où les cigarettes traditionnelles sont interdites depuis longtemps :
    http://www.breizh-e-cig.fr/article-15–la-cigarette-electronique-et-les-lieux-publics.html

    • Alex:

      Bonjour Audrey,
      Vous m’avez mal lu (ou j’ai mal écrit, peu importe), mais ce n’est pas la ministre de la santé qui fait des préconisations.
      Si l’on souhaitait supprimer l’utilisation de vraies cigarettes, le meilleur moyen est d’arrêter d’en vendre, surtout lorsqu’on connait les risques. Faut-il pour autant tomber dans le message démago ?
      Cette étude montre clairement que la cigarette électronique ne présente aucun danger pour le passif, contrairement à ce que laisse supposer l’article en lien (qui est une pub pour un site marchand ?). D’ailleurs, quelques erreurs se sont glissées sur ce site.

      Le but de ce ticket était surtout de pointer du doigt l’incapacité des différents rédacteurs d’expliquer réellement ce qu’il en était. Ils ont préféré tomber dans le « bhou ! gna gna gna ! » traditionnel. C’est dommage.

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